Verduzan

Au-dessus du hameau du Comté l’église Saint-Laurent de Verduzan a été rebâtie en 1787. A l’origine elle était l’église du château fort des seigneurs de Verduzan.

Déclassée en 1844 comme celle du Vieux Castéra elle sera vendue à la Libération, servira de grange agricole et sera revendue dans la dernière décennie pour être emménagée en habitation. Cette ancienne chapelle paroissiale et seigneuriale était déjà signalée au tout début du XV ème siècle.

 Le témoignage de M. Lauzun (début XXème) est précieux puisqu’il décrit un mobilier aujourd’hui disparu : l’église possède un devant d’autel de plus de deux mètres en cuir mordoré et peint et divisé en cinq panneaux. Saint-Laurent figure sur celui du milieu, les autres étant décorés de plantes et de fleurs. Le tabernacle en bois doré aurait été du XVIIème et aurait mérité d’être classé. Un tableau de 2,25 m sur 1,95 m ornait le dessus de l’autel de la chapelle latérale, il représentait la mise au tombeau et son cadre en bois doré était du plus pur style Louis XIV. Certaines personnes gardent le souvenir du devant d’autel et des remarquables fonds baptismaux qui disparurent aussi lors de la première vente.

L’ancien cimetière reste propriété communale. Facilement accessible par un sentier au nord du bâtiment on peut y admirer une croix du XVII ème siècle inscrite sur l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 4 février 1927. C’est une croix sculptée dans la pierre ce qui est rare en Gascogne. Cette croix fut érigée en l’honneur de Saint-Laurent qui apparaît ici vêtu de la dalmatique, riche tunique à manches larges des empereurs romains et des rois de France au Moyen-âge. D’une main il semble porter le livre des évangiles et de l’autre le gril, instrument de son supplice sur lequel il fut brûlé vif en 258 à Rome. Le Christ crucifié, la Vierge portant l’enfant Jésus et Saint-Pierre tenant un livre et la clé du paradis de l’autre main figurent sur les autres faces.

 Ce cimetière a été l’objet de querelles et a ravivé les rancœurs de certains des opposants au rattachement de 1821 suite à l’ouverture du nouveau cimetière de la nouvelle commune.

Par arrêté du 18 juillet 1852 le préfet du Gers interdit les enterrements au cimetière de Verduzan. Ministre de la Justice et du Culte, à M. les membres du Conseil général.